L’ostéopathie a démontré son efficacité dans la prise en charge des douleurs et des troubles fonctionnels.
Sa légitimité s’est construite au fil du temps grâce à une base solide en anatomie, biomécanique et physiologie, qui lui permettent d’intégrer pleinement le paysage médical.
Pourtant, au-delà des connaissances scientifiques, l’ostéopathie s’applique à un système vivant, complexe et en constante adaptation. Il arrive que le corps résiste, que certaines dysfonctions paraissent incohérentes, ou que des libérations somato-émotionnelles se manifestent. Ces expériences rappellent combien le lien corps-esprit est essentiel dans le processus de soin — un questionnement déjà au coeur de la pensée des fondateurs de l’ostéopathie.
A.T. Still affirmait que « le corps ne fonctionne pas en unités séparées, mais comme un tout harmonieux », et que « la règle de l’artère est suprême », soulignant ainsi l’importance de la libre circulation des fluides pour l’homéostasie et pour la santé.
Pour J.M. Littlejohn, « le corps humain ne doit pas être considéré comme une machine, mais comme un mécanisme vital » — chaque lésion y affectant la vitalité même du patient.
Ces principes guident encore aujourd’hui ma pratique : l’ostéopathe n’est pas seulement un technicien qui applique des gestes précis, mais un praticien à l’écoute, présent à l’autre et à lui-même. L’efficacité du soin naît de cette présence consciente, de la capacité à écouter les tissus, à ressentir les tensions et à faire confiance à ce que les mains perçoivent au-delà du savoir intellectuel.
Deux phrases, souvent entendues au fil de ma formation et de ma pratique, résument parfaitement cette philosophie :
« Écoute les tissus, ils te parlent d’eux-mêmes » écouter, c’est observer avant d’agir, avec attention et bienveillance.
« Lâche prise, fais confiance à tes mains » c’est laisser la théorie s’effacer pour permettre au ressenti de guider le geste.
L’ostéopathie, ainsi comprise, peut s’adresser à tous, à tout âge de la vie, car elle cherche avant tout à rétablir l’harmonie naturelle du corps et à soutenir sa capacité d’autorégulation.
Chaque consultation débute par un temps d’échange approfondi.
Nous revenons sur l’historique de la pathologie, la description précise de la douleur et les symptômes associés.
Cette étape permet d’orienter la prise en charge et d’écarter, grâce au diagnostic différentiel, les « drapeaux rouges » définis par la Haute Autorité de Santé (HAS), nécessitant une orientation médicale spécifique.
Une fois ces causes exclues, je réalise un examen complet du patient : observation de la posture, tests de mobilité articulaire globale et analytique, et si nécessaire, tests neurologiques.
Il est important de rappeler que l’origine de la douleur ne se situe pas toujours à l’endroit où elle se manifeste.
L’objectif est d’identifier les dysfonctions ostéopathiques :
des déséquilibres ou tensions anormales des tissus qui perturbent le fonctionnement naturel du corps.
Ces dysfonctions peuvent avoir une origine :
exogène : traumatisme, contrainte physique, gestes répétitifs
endogène : déséquilibre postural, réflexes viscéro-somatiques, surcharge émotionnelle
À partir de l’anamnèse et du bilan clinique, j’établis un traitement adapté à chaque patient.
J’utilise principalement des techniques fonctionnelles de réharmonisation tissulaire — des manœuvres douces et précises visant à redonner souplesse et mobilité — ainsi que, lorsque nécessaire, des techniques structurelles ciblées sur certaines lésions articulaires.
La séance se termine par des conseils personnalisés afin de prolonger et d’optimiser les effets du traitement :
orientation vers un(e) diététicien(ne) si nécessaire
orientation vers un(e) sophrologue ou un(e) psychologue pour la gestion des émotions
mise en place d’exercices pour entretenir les résultats et prévenir les récidives, notamment grâce à la méthode Pilates et au yoga
Mon approche vise à restaurer l’équilibre du corps dans sa globalité, afin de favoriser un mieux-être durable et une santé active.
C’est une question que nos patients posent souvent ou cela fait partie des conseils que donnent le praticien à la fin de chaque séance (de même pour une activité professionnelle physique).
Il faut savoir qu’après une séance d’ostéopathie, on observe une amélioration de l’état de santé à partir de 2/3 jours, mais cela peut prendre plusieurs semaines. C’est le temps que met le corps pour réagir aux corrections du thérapeute et pour s’auto-réguler (fondement de l’ostéopathie).
Il arrive souvent que les effets immédiats d’une séance soient à l’opposé des attentes du patient : grosse fatigue (relâchement des contractures), recrudescence de la douleur (correction des compensations). C’est pour cela, que je conseille de laisser passer cette phase, en évitant le geste ou la situation qui a provoqué la douleur.
Une fois que les premiers signes de guérison apparaissent, la vie normale peut reprendre. Pour la reprise d’une activité physique (sportive ou professionnelle), cela dépend du sport et de l’âge du patient. Bon à savoir : après une séance d’ostéopathie, optimisez les bienfaits de la séance en buvant beaucoup. Une bonne hydratation permet une meilleure récupération pour toutes les structures du squelette qui ont été sollicités : muscles, tendons, articulations. En conclusion, dans tous les cas, il faut faire preuve de bon sens et écouter son corps.
En France, l’ostéopathie n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale, mais de nombreuses mutuelles proposent un remboursement partiel ou total des séances. Il peut être conseillé de se renseigner auprès de son organisme complémentaire avant de débuter un suivi.
Les techniques ostéopathiques sont généralement bien tolérées. Des courbatures légères ou une fatigue transitoire peuvent apparaître après la séance, témoignant d’un réajustement physiologique. Les manipulations sont contre-indiquées en cas de fracture récente, de cancer évolutif, de troubles de la coagulation ou d’infection aiguë. Il est essentiel de signaler tout antécédent médical ou traitement en cours lors de la consultation.
Est-ce qu’on va chez l’ostéopathe pour se faire « craquer » le dos ?
Ou est-ce qu’on ne veut pas y aller car on a peur que ça »craque » ?
Est-ce que le craquement est synonyme de traitement ostéopathique efficace ?
Tout d’abord, il est important de préciser, au cours d’une consultation, que si l’on entend un craquement (bien souvent au niveau de la colonne ou du bassin), ce ne sont pas les os qui sont concernés mais les articulations.
Dans une articulation, se trouve une capsule qui contient du liquide synovial. Ce dernier permet de lubrifier, diminuer les forces de frottement et de nourrir les cartilages. Dans ce liquide est dissous du gaz. Lorsque le thérapeute corrige cette articulation, en restriction de mobilité, il utilise une technique de haute vélocité et de basse amplitude (=thrust). Ce qui a pour effet de diminuer la pression intra-articulaire et d’augmenter légèrement son volume.Le gaz qui était dissous dans la synovie forme une bulle à l’origine du crac entendu.
Même si le bruit peut être impressionnant, la manipulation est sans danger, car cela reste dans les limites physiologiques de l’articulation. Cette technique, dite structurelle, est utilisée pour des douleurs mécaniques, et le praticien aura au préalable analysé s’il peut l’utiliser, notamment grâce à l’anamnèse et à ses bilans.
Bien sûr, il y a quelques contre-indications à cette pratique : suspicion de fracture ou de fêlure, ostéoporose, cancer. Que l’articulation craque ou pas, ce qui confirme l’efficacité de la correction, c’est de retester cette articulation et vérifier qu’elle est débloquée.
Heureusement, l’ostéopathe ne fait pas que craquer : ces techniques structurelles sont un outil parmi un arsenal thérapeutique plus large comprenant des techniques fonctionnelles, musculaires, viscérales et crâniennes. Si vous avez des doutes sur la dangerosité du craquement, cette statistique devrait largement vous rassurer ! Cette étude montre que la prise d’anti-inflammatoires provoque un accident sur 10 000 prescriptions contre un accident pour 1,2 millions de manipulations structurelles.
Non, il n’est pas nécessaire d’avoir une ordonnance médicale pour consulter un ostéopathe.
Il est conseillé de porter des vêtements confortables permettant une bonne liberté de mouvement. Selon les techniques utilisées, certaines manipulations peuvent se faire sur ou sous les vêtements.
Le kinésithérapeute intervient surtout dans la rééducation, souvent sur prescription médicale. Il aide à récupérer une fonction après une blessure, une opération ou une pathologie, à l’aide d’exercices, de massages et de techniques de mobilisation. Les séances de kinésithérapie peuvent être remboursées par la Sécurité sociale. L’ostéopathe adopte une approche globale et manuelle du corps. Il recherche les déséquilibres et les pertes de mobilité pouvant provoquer des douleurs ou des gênes fonctionnelles. La consultation se fait sans ordonnance, à visée curative ou préventive. Les séances ne sont pas remboursées par l’Assurance Maladie, mais peuvent l’être par certaines mutuelles. Les deux approches sont complémentaires selon les besoins du patient.
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